Interview de Luara Learth Moreira (partie 1)


Luara Learth Moreira est une performeuse, chorégraphe et chanteuse brésilienne de 30 ans. Diplômée en arts du spectacle, elle a également suivi une formation de danse au Portugal. Bien que fortement inspirée par la culture brésilienne dont elle se « nourrit » selon ses mots, elle a décidé de s’installer en Europe afin de pouvoir s’épanouir. S’épanouir, non seulement en tant qu’artiste, mais également en tant que personne queer et de couleur, car la situation politique actuelle ne le lui permet malheureusement pas dans son pays natal. Actuellement étudiante en master à l’Institut Chorégraphique International à Montpellier, j’ai eu la chance de pouvoir l’interviewer pour l’association ThéâViDa. Le sujet principal étant sa prochaine performance dans le cadre de l’exposition Possédé.e.s à Montpellier : Raioraiolamalama.

Cette interview est découpée en deux parties. Cet article, qui constitue la première partie, fait le lien avec la thématique de ce mois-ci : l’art et la mort. La deuxième partie portera sur son travail en général et plus précisément sur sa performance artistique Raioraiolamalama.

©Thais Mollon

J’ai donc demandé à Luara Learth Moreira quel était son avis sur la représentation de la mort dans l’art et ce que ce thème lui inspirait. Elle n’évoque pas explicitement la mort dans son art, mais elle insiste sur le fait que la vie et la mort ne doivent pas être perçues comme deux entités totalement binaires. Un corps inanimé ne signifie pas un corps mort, mais un corps capable de renaître sous une forme différente.

Dans son art, elle voit la mort comme un éventail de possibilités de performances (elle donne l’exemple de la renaissance dans un corps différent, ou encore de la prise de possession d’un corps par un autre, qui ne deviennent qu’un). Il est fascinant pour elle d’imaginer et de représenter artistiquement cette énergie qui s’échappe d’un corps sans vie pour aller se réfugier dans un autre. Elle définit la mort comme un phénomène mystérieux, qui ne doit pas être vu comme une fin en soi.

Luara nous emporte ensuite avec elle au Brésil, qu’elle qualifie de territoire chargé d’histoires dû à la colonisation. Il existe plusieurs cultes et rituels autour de la mort, mais l’artiste nous parle plus précisément de la religion afro-brésilienne Umbanda, dont les croyances et les pratiques peuvent être résumées comme une forme de spiritisme, un moyen d’invoquer les esprits des morts, capables d’évoluer et de se réincarner.

De façon plus personnelle, l’une de ses dernières œuvres, Manguba, évoque l’esprit qu’elle essaie d’incarner afin de rentrer en contact avec sa grand-mère, défunte. La représentation de la mort est donc un sujet qui entre en résonance avec son travail, qu’elle approche de manière spirituelle, imprégnée de tout cet héritage culturel qu’elle transporte.

A bientôt pour la deuxième partie de l’interview de Luara !

Partie 2 : cliquez ici

Article rédigé par Roxane, de l’association ThéâViDa

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