Je m’appelle Bagdad (Meu nome é Bagdá)

Dans un environnement paupérisé, l’imaginaire et le skate sont les meilleures armes de cette adolescente de 17 ans surnommée  »Bagdad », issue d’un quartier populaire de São Paulo, au Brésil. Elle a définitivement troqué le marteau de Rita Pavone pour le skate, même si son verbe n’en demeure pas moins légitimement révolté, empreint de lucidité.

Le film aborde des thématiques centrales telles que l’adolescence, la sexualité, l’identité, l’acceptation de soi et de son corps, le vivre ensemble, le multiculturalisme. Les fléaux comme l’alcoolisme, le machisme, le sexisme, les inégalités sociales, ne sont pas pour autant absents. Quand un skateur de la bande scande les rêves brisés d’une jeunesse, la musique apparaît comme catalyseur. C’est le mode d’expression puissant d’une réalité quotidienne où il faut se battre pour payer les factures ou conjurer la faim avec un sandwich NASA.

 »Tout le monde vit dans les ténèbres. D’où viendra la lumière ?
 Je prends mon skateboard et je sors dans la rue. J’apprends à respecter les gens. 
Je vis chaque jour comme si c’était le dernier. » 

Mais l’héroïne du film, c’est elle, Bagdad. Elle se promène avec sa caméra pour filmer des tranches de vie émouvantes comme les extravagances d’Emilio, un ami de la famille homosexuel atteint d’un cancer, le monde fantastique de Bia, Beatriz, la soeur cadette, qui rêve d’aller vivre sur la planète Mars. Pas de doute, l’amour, l’humour et la tendresse sont légion dans cette famille monoparentale où la gente féminine est à l’honneur. Micheline, qui travaille dans un salon de beauté, est une mère courage. Bagdad est d’ailleurs entourée d’autres femmes extraordinaires comme Gilda, la seule femme transexuelle du quartier ou Gladys qui tient un bar, et toutes les deux se révèlent des amies précieuses de la famille.

Ce film oriente le regard vers une discipline sportive qui mérite le détour, tant elle requiert une maîtrise des émotions et à vivre le présent. Ce film martèle aussi l’appropriation de l’espace public par les adolescent.e.s, un espace qui prend l’apparence d’ » un jardin semé de trous » où les ados apprennent à surmonter les obstacles. 

photo ©waynapitch.com

L’élargissement du cercle d’amis de l’héroïne qui passe d’un univers de skateurs quasi exclusivement masculins à la rencontre avec un groupe de skateuses offre aussi une dynamique intéressante au film et permet au personnage d’évoluer.

Ce film délivre un message d’espoir, celui d’une jeunesse qui aspire à vivre dans une société qui tendrait vers une plus grande acceptation des différences. Il apporte une note de fraîcheur et donne envie de sauter avec une planche en mode ollie, fakie, nollie, 360 flip…! And Go! 

Sources
 – Dossier de presse cliquez ici 
 – Rita Pavone : cliquez ici

Article rédigé par Cécile pour l’équipe des bénévoles de l’association ThéâViDa

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