Tzompantli 43 – visite guidée en français

Bienvenue à la visite guidée de l’exposition collective Tzompantli 43

Constituée de 43 linogravures et réalisée par le collectif mexicain Achokez, l’exposition est un hommage aux 43 jeunes âgés de 18 à 21 ans disparus dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 dans la ville d’Iguala.

Retour sur la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa

Étudiants à l’école des maîtres d’Ayotzinapa, bastion de la contestation sociale, 57 étudiants furent pris à partie à Iguala dans la nuit du 26 septembre 2014. 43 d’entre eux furent embarqués de force dans les véhicules de la police.

La version des faits donnée par le président Peña Nieto est rapidement contredite par les preuves scientifiques, dont l’impossibilité de brûler 43 corps sans laisser de trace.
En juillet 2020, la “vérité historique” tombe avec la découverte d’ossements qu’un laboratoire autrichien relie à l’ADN d’un des 43 disparus.

À ce jour, seuls deux corps de disparus ont été retrouvés.
Au Mexique, près de 60 000 personnes sont portées disparues depuis 2006.

L’affaire des 43 étudiants d’Ayotzinapa a fait l’effet d’un électrochoc et les langues ont commencé à se délier.
En 2016, Amnistía Internacional México a lancé le projet “Ayotzinapa 26”. Composé de 26 courts-métrages, ce projet permet de mieux comprendre les faits.
En 2019, Netflix a produit la série documentaire “Les disparus d’Ayotzinapa » 

Tzompantli 43

Pour le premier anniversaire, le collectif Achokez de Pátzcuaro leur rend hommage en illustrant des crânes en papier mâché et en les empilant comme les Tzompantli aztèques, qui étaient des ossuaires en bois sur lesquels étaient cloués les crânes de sacrifiés.

Achetés par un musée espagnol, le collectif décide de continuer le travail de mémoire en lançant un projet plus graphique dans l’atelier Grey, local du collectif.
Javier Ornelas Huerta propose donc à 43 jeunes artistes mexicains de créer des linogravures et des poèmes autour del “caso Ayotzinapa”.
Le projet est présenté dans plusieurs lieux culturels de l’État du Michoacán avant de partir à Toulouse dans les valises de Julie Bonnafous et à Montpellier.

Les 43 linogravures sont disposées sur un grand mur par colonnes de 3 pour respecter la composition originale des Tzompantli.
Chaque groupe de colonne traite d’un thème :

  • Corruption et pression des forces de l’ordre sur la population qui résiste et lutte contre cette impunité.
  • Souffrance des familles et des proches de ne pas connaître la vérité et de ne pouvoir retrouver les corps.
  • Souffrance de ne pouvoir se recueillir selon les traditions mexicaines.

À partir d’un même gabarit, les artistes ont pu donner libre cours à leur imagination, donnant à cette exposition une telle richesse graphique et esthétique.
Les objectifs étaient d’accompagner la libération de la parole du peuple, de soutenir les familles dans leur combat pour la vérité et de veiller à ce que le sort de ses 43 jeunes militants ne tombe pas dans l’oubli.

Cette exposition, ainsi que les nombreux supports créés depuis les prémices du projet en 2015, ont permis de dénoncer cette situation. C’est ainsi que le combat de ces jeunes gens qui allaient dédier leur vie à l’enseignement dans des régions fragilisées par la guerre des cartels et qui étaient prêts à s’engager pour les communautés délaissées par l’Etat, a pu trouver un écho jusqu’en Europe.

Mais ce projet ne se limite pas aux seuls 43 disparus car les disparitions forcées sont une catastrophe incommensurable au Mexique. C’est pourquoi un atelier est proposé à chaque halte de l’exposition. Voici donc le moment de vous y essayer, à vos gouges!

Un peu de pratique – l’atelier

Pour faire de la linogravure, vous devez vous munir du matériel suivant: une plaque de linoléum, une gouge, un plateau encreur, un rouleau et de l’encre.

Pour votre 1er essai, faites votre dessin sur un calque avec un crayon HB. Repassez sur les contours du dessin avec une mine plus grasse, type 2B ou 3B. Retournez votre dessin et repassez sur les traits gras pour le transfert sur la plaque. Puis selon ce que vous souhaitez imprimer, enlevez la matière qui ne sera pas encrée.

Mettez un peu d’encre dans votre plateau et passez le rouleau sur la plaque. Attention à ne pas mettre trop d’encre.

Posez la plaque sur votre feuille et mettez un objet lourd dessus pour faire office de presse.

Et pour finir, nous vous laissons admirer le maître Javier Ornelas Huerta au travail sur la vidéo de la visite guidée (voir ci-dessus).

Alors, vous avez trouvé votre vocation?

Merci pour votre fidélité et à bientôt pour une nouvelle visite guidée!

Sources:
Les Echos: cliquez ici
Libération : cliquez ici
Trailer du projet Ayotzinapa 26 compilé par Amnistía Internacional México en 2016 :  cliquez ici
Documentaire Ayotzinapa: La otra historia (Ibero MX – 2018) : cliquez ici
Trailer de la série documentaire “Los días de Ayotzinapa” (Netflix – 2019) : cliquez ici
Le Monde : cliquez ici, ici
Le Figaro : cliquez ici
Courrier International : cliquez ici
TV5 monde : cliquez ici, ici
Blog Ambos lados : cliquez ici
Page Tzompantli sur Facebook : cliquez ici
El Pais : cliquez ici
Manifestation solidaire avec Ayotzinapa du 8 novembre 2014 : cliquez ici
Milenio : cliquez ici

Article rédigé par Gabrielle de l’association ThéâViDa

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