Víctor Jara : la voix des Chiliens – partie 2

Le peuple chilien se réunit aux funérailles officielles de Víctor Jara en décembre 2009. © Concord Monitor

La première partie de cet article est disponible en cliquant ici. Nous y avons abordé la vie de Víctor Jara et son destin tragique lié à ses engagements politiques.

Séquestré à l’Estadio Chile, Víctor Jara continue de composer les jours précédant son assassinat. Ainsi, Somos cinco mil constitue donc la dernière composition de Víctor Jara, et elle a pu être publiée à titre posthume sous forme de poème grâce à la mémoire des prisonniers du stade ainsi qu’à un brouillon rédigé de la main de Jara. Il y décrit les horreurs commises par l’armée et le désespoir des prisonniers, tout en dénonçant le fascisme :

« Somos cinco mil aquí. 
[…] 
¡Cuánta humanidad con hambre, frío, pánico, dolor, presión moral, terror y locura! 
[…]
Seis de los nuestros se perdieron
en el espacio de las estrellas.
Uno muerto, un golpeado como jamás creí
se podría golpear a un ser humano. 
[…]

¡Qué espanto produce el rostro del fascismo! »

Tout au long de sa carrière, Jara a fait de la défense du « petit » peuple son cheval de bataille. C’est d’ailleurs pourquoi il a choisi la musique plutôt que le théâtre : dans Manifiesto, l’une des ses œuvres phares, il explique :

« Yo no canto por cantar
ni por tener buena voz,
canto porque la guitarra
tiene sentido y razón
[…]
Que el canto tiene sentido
cuando palpita en las venas
del que morirá cantando
las verdades verdaderas. »

« El Derecho de Vivir en Paz » reprise par le peuple chilien lors des manifestations d’octobre 2019. © Música Espacio Kuyen (YouTube)

El derecho de vivir en paz est l’une de ses chansons les plus connues. À l’origine, elle est dédiée au leader communiste vietnamien Ho Chi Minh et dénonce la guerre du Vietnam et l’interventionnisme américain. Depuis la fin du régime de Pinochet, cette chanson a été enregistrée et reprise par de nombreux artistes et groupes chiliens. 

Mais c’est très récemment qu’elle a pris une dimension plus importante et internationale. Lors des manifestations d’octobre 2019, puis lors du référendum chilien d’octobre 2020, ce sont des milliers de Chiliens qui l’ont chantée ensemble dans les rues, comme en témoigne la vidéo ci-dessus. 

La chanson, dont la signification est adaptée aux luttes modernes, est utilisée pour protester contre les répressions du gouvernement de Piñera, et notamment son recours à l’armée contre les populations. Aux côtés de El pueblo unido jamás será vencido composée par Quilapayún, El derecho de vivir en paz est devenue l’hymne de la révolution populaire chilienne, et Víctor Jara, son symbole.

Quelques années auparavant, en 2009, les funérailles officielles de l’artiste ont eu lieu à Santiago, et des milliers de Chiliens ont suivi le cortège, scandant « Víctor Jara vive en el corazón de su pueblo », preuve que le mythe Jara n’est pas près de s’éteindre. Bien au contraire, Víctor Jara est considéré comme un exemple à suivre pour les révoltes sociales actuelles, appelant à s’opposer au régime néo-libéral chilien de façon plus pacifique.

Sources :
Somos cinco mil (poema) : cliquez ici 
Qui est Víctor Jara, la voix de la contestation au Chili? : cliquez ici
Le retour de la chanson engagée : cliquez ici 
Le Chili enterre solennellement le chanteur Víctor Jara tué par la dictature : cliquez ici

Un article rédigé par Lucie pour l’association ThéâViDa.

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