Wifredo Lam, l’artiste insoumis

Né 1902, année de l’indépendance de Cuba, Wifredo LAM est devenu avec le temps le peintre peut-être le plus universel des peintres cubains. L’artiste a traversé les bouleversements du XXème siècle et voit ses toiles aujourd’hui collectionnées par les plus grands musées du monde. Lam fut élevé à la croisée des civilisations par un papa chinois originaire de Canton et d’une mère métisse afro cubaine, descendante de Noirs du Congo déportés et d’Espagnols, dans la ville de Sagua La Grande. C’est néanmoins sa tante, prêtresse de la Santería, religion originaire de Cuba mêlant les croyances africaines aux Saints catholiques des anciens maîtres, qui lui donnera le goût de la spiritualité.

Cette femme lui ouvrira les portes des cérémonies et les symboles de la Santería. Elle lui a appris à voir le monde avec un œil nouveau, à voir le magique derrière le banal. La richesse des multiples offrandes offertes pendant les cérémonies offriront à Wifredo, tout une palette de motifs et de couleurs qui viendront orner ses toiles.

Après 18 années passées en Europe, il rentre à la Havane en 1940, contraint par la Seconde Guerre Mondiale. Wifredo Lam vit son retour forcé au « pays natal » comme un exil et une douloureuse frustration. Il redécouvre un pays qu’il avait quitté très jeune et où la corruption, le racisme et la misère règnent sous la terreur policière organisée par le régime de Gerardo Machado. C’est le Cuba d’Hemingway, le paradis du jeu, de la prostitution et du cigare. L’île est indépendante depuis 1902 mais des siècles d’exploitation coloniale ont « saccagé » une culture qui tente de résister sous le folklore de pacotille encouragé par un pouvoir cynique*.

Wifredo Lam, Your Own Life, 1942

L’année 1942 est une année de travail intense et La Jungle, achevée en janvier 1943, est exposée en juin 1944 dans la seconde exposition consacrée à Lam par la Pierre Matisse Gallery à New York. Considéré comme le premier manifeste pictural du tiers monde, La Jungle, représente l’âme de Cuba, magique, primitive et exubérante. On y trouve des mélanges de canne à sucre avec le bambou, au travers desquels on peut y voir une analyse de la situation politique et sociale de l’époque dans les pays des Caraïbes.

Il voulait que l’on considère sa peinture comme un acte de décolonisation. En effet, à partir de son retour à la Havane, la culture afro-cubaine sera très représentée dans ses œuvres. Il incorpore avec brio la nature cubaine qu’il perçoit dans les paysages paradisiaques de l’île, au travers de figures féminines, représentant la terre mère.

Jusqu’à sa mort, Wifredo entrecroisera les routes et les frontières, pour repousser les limites de sa création.

Retrouver Wifredo LAM sur Arte dans l’émission Invitation au voyage: spéciale Cuba

Sources : Arte TV, émission Invitation au voyage, spéciale Cuba; Wikipédia, Wifredo Lam; *Centre Pompidou, l’événement Wifredo Lam, Exposition.

Article rédigé par Léa de l’association ThéâViDa.

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